L'IA dans les métiers du voyage : une adoption à accompagner
La branche des opérateurs de voyage et OPCO Mobilités publient leur étude 2025 sur l'intelligence artificielle dans les métiers du voyage. Menée auprès de 130 professionnels du secteur et enrichie d'entretiens qualitatifs, cette étude dresse un état des lieux de l'adoption de l'IA dans la branche. Si l'IA s'impose désormais comme un outil utile et applicable aux métiers du voyage, la montée en compétence collective reste le défi majeur pour accompagner durablement cette évolution.
Une adoption prudente mais continue
L'IA s'installe progressivement dans les pratiques quotidiennes des entreprises du voyage. La répartition des trois profils identifiés témoigne de cette évolution :
28% de pionniers : des profils engagés dans une démarche structurée,
56% d'opportunistes : des professionnels qui testent l'IA de manière ciblée et pragmatique,
16% d'observateurs : une posture attentiste qui recule nettement.
Cette dynamique confirme le passage d'une logique d'exploration à une appropriation active et durable.
Des usages qui se diffusent, portés par les profils de direction
L'étude révèle que les dirigeants et comités de direction sont les premiers utilisateurs d'outils IA (54,7% déclarent en utiliser), suivis des équipes marketing et communication (52,3%) puis commerciales (47,7%). Les résultats montrent également que la transformation repose d’abord sur la culture managériale, la curiosité et la capacité à expérimenter.
Les cas d'usage se concentrent sur :
- La génération de contenus (textes, visuels, supports commerciaux),
- L'optimisation de la relation client (réponses à des demandes entrantes, assistance aux conseillers),
- L’aide à la conception d'itinéraires et la préparation de devis.
Si l'IA est perçue comme un levier utile apportant des gains concrets (en temps, en qualité et en créativité), plus de 60% des entreprises n'ont pas identifié de référent ou d'équipe dédiée aux sujets IA ou digital. A noter, parmi les entreprises ayant un référent IA, plus d'un tiers sont des TPE de moins de 10 salaries. La structuration de l'IA repose largement sur des initiatives individuelles, portées par des collaborateurs moteurs.
Des freins multiples, plus culturels que technologiques
Malgré la dynamique d'expérimentation, plusieurs freins ralentissent l'adoption : le manque de temps pour tester et se former, le manque de confiance dans les outils, et la résistance au changement face à la crainte d'une perte de valeur du travail humain ou d'une automatisation mal comprise.
Ces freins expliquent le besoin de formation demandé par les professionnels : plus de 50% des répondants l'expriment clairement. Les priorités se concentrent sur les agents de voyages et conseillers en contact client, les fonctions marketing et les équipes commerciales.
Un besoin de formation formelle et de culture collective
Dans un contexte où seules 4% des entreprises déclarent avoir déjà engagé une formation formelle à l’IA, l’enjeu n’est pas seulement de former, mais de créer une culture commune de l’IA dans le tourisme, ancrée dans la réalité des métiers et au service de la performance collective de la branche.
La réussite de cette transformation ne repose pas uniquement sur les initiatives individuelles des entreprises. Elle suppose un effort collectif d’acculturation, permettant de réduire les écarts de maturité observés et de sécuriser les usages.
Si l'expérimentation concrète demeure le levier le plus puissant, les opérateurs interrogés expriment également des attentes opérationnelles. Leur priorité : la mise en place d'un cadre d'accompagnement partagé.
En s'appuyant sur la mobilisation d’OPCO Mobilités, des Entreprises du Voyage et des entreprises, la profession dispose aujourd'hui d'une opportunité majeure : faire de l'intelligence artificielle un pilier de compétitivité durable, au service d'un tourisme plus créatif, plus efficace et toujours profondément humain.
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